Pas d'appréciation juridique
Pour ne pas préjuger le fond, certains termes y sont bannis comme ceux de «responsabilité», d’«originalité», de «faute», d’«obligation», etc.. même s’ils ont été discutés lors des débats.
Nous veillons bien entendu à ne porter aucune appréciation d’ordre juridique, même si cela est demandé parfois par un Juge peu au fait du droit de l’informatique et de l’expertise et même si le débat le justifierait. Lorsque plusieurs situations juridiques sont évoquées par les parties, chacune d’entre-elles est examinée comme une hypothèse distincte que le Tribunal choisira à sa convenance.
Les autres accedits
Une ou plusieurs réunions seront consacrées à l’examen des préjudices si ce point fait partie de la mission. On rappellera que le préjudice n’est indemnisable que s’il est certain et si un lien de causalité directe peut être établi avec le grief allégué. Il convient de présenter son préjudice en se plaçant au moment de l’exploit introductif d’instance et en l’étayant avec des pièces comptables probantes.
Il peut arriver au cours des réunions d’expertise que nous exprimions prématurément une opinion péremptoire sur certains aspects des constatations. Celle-ci n’est pas à prendre au pied de la lettre car nous pouvons changer d’avis en fonction du résultat de nouvelles investigations. Il peut s’agir également de l’expression d’un point de vue extrême destinée à pousser les parties dans leurs derniers retranchements, si les éléments techniques du dossier n’apparaissent pas suffisamment probants. Cette façon de procéder n’est pas toujours appréciée des parties, mais elle peut permettre de débloquer une expertise mal engagée voire de suggérer une transaction. Les parties doivent donc se garder de toute supputation avant le dernier accedit au cours duquel nous exprimerons notre avis. L’informatique est abstraite et les corrections des dysfonctionnements ne laissent pas de trace visible. L’expert n’étant pas là au moment des faits, il peut arriver qu’il se livre à une véritable enquête pour les reconstituer. Chacun doit le comprendre, même s’il n’est pas toujours agréable d’être questionné sur des points précis.


